Mot du Directeur

rachid-bouksim

A l’orée de sa dixième édition, bouclant presque toute une décennie de sacrifice et de travail acharné au service du jeune cinéma Amazighe. L’association Issni n’Ourgh via sa neuvième édition de son festival annuel compte une nouvelle fois perpétuer cette tradition et se mettre une autre fois au rendez vous du public et des amateurs de cette variante du cinéma marocain longtemps marginalisé voire même écarté
du paysage artistique du pays .
En effet, l’insuffisance des encouragements publics, le manque de soutien financier de l’Etat, l’absence d’encadrement et de formation des professionnels sont autant d’entraves qui empêchent la prospérité et l’épanouissement de ce cinéma porteur de l’identité et des valeurs d’un peuple parmi les plus anciens et authentiques du globe.

Cependant, les professionnels de ce cinéma ont aussi leur part de responsabilité dans ce devenir tragique de la production cinématographique Amazighe qui souffre d’une insuffisance à la fois sur le plan quantité et qualité. Souvent, ces professionnels manquent d’organisation, de cohésion et de vision claire pour ce cinéma qui stagne encore dans sa phase embryonnaire et demeure dans l’incapacité à rivaliser avec les autres cinémas.

Tout cela s’ajoute au retard enregistré au niveau de l’exploitation des nouvelles technologies notamment les plates formes de visualisation des films comme Netflix et les autres moyens de l’image pour la diffusion des films Amazighes surtout que les moyens classiques de cette diffusion comme les salles de cinéma, la vidéo et les autres n’assument plus convenablement ce rôle à la manière des nouveaux supports de la communication apportés par la technologie.

Ainsi, l’un des objectifs majeurs de cette neuvième édition du festival international du film Amazighe qui se tient à Agadir en début de ce mois de novembre 2015 est la sensibilisation des professionnels à l’importance de la diffusion de leurs productions via les divers canaux et plates-formes pour remédier en partie au désarroi d’un cinéma dont le chemin vers le succès est encore parsemé d’embuches de natures diverses.
Rachid BOUKSIM